Aujourd’hui, j’ai remarqué que nos organismes commencent á souffrir. Petit intermezzo sur notre état après 9 jours de GR20.
Nicolas: ampoule sur la cheville au pied droit, douleur au genou droit, gerçure au niveau du de l’appui du sac en bas du dos.
Aurélie: inflammation des deux chevilles, douleur au genou gauche, formation de boutons rouges sur les fesses dus aux frottements des sacs, coup de soleil dans le cou avec cloques déjà éclatées et pelées, une plaie sur la jambe gauche après avoir voulu se battre avec un rocher à coup de tibia.
Globalement, on se porte bien. Dans les refuges, on voit des gens avec des larges écorchures sur les genoux et les jambes, des brûlures dues au soleil, des bandages autour des chevilles et des pieds mercurochromés et tapissés de pansement anti ampoule. Après un plat de soupe, une purée et le reste du fromage. On va se coucher dans notre toboggan. Visionnage de deux épisodes de the Big Bang Theory et au lit.
Jour 10 (mardi 28.06.2011): Manganu- Castel di Verggio
Temps théorique: 6h00; Temps effectif : 5h00
Hier au ravitaillement, la nouvelle est tombée comme un couperet : pas de pain ! On petit déjeune donc de Canistrelli (à 5€ le paquet de 300gr) sur lesquels on étale bon-an, mal-an du Nutella. Le réveil est difficile : on a passer la nuit à faire les saumons en essayant de remonter sur nos tapis de sol.
Le départ de Manganu est prometteur. Après une légère descente, nous voilà en vue d’une étendue de pozzine, le nom corse pour tourbière, avec vaches, veaux, mules et cheveux broutant paisiblement en liberté. Le tout dans une lumière d’aube de l’humanité. Une bergerie qui surplombe cette première pozzine a trouvé la formule : « le temps s’est arrêté ». On y fait, d’ailleurs, un bref arrêt dans l’espoir d’acheter un bon fromage. Je rentre dans l’entre du berger qui diffuse de la musique pour réveiller les randonneurs qui ont bivouaqué chez lui. Apparemment, ces derniers ont abusé du vin de myrtes, (aussi en vente). « Du rhum, des femmes et du vin nom de dieu … ». Le gardien-berger en remet une couche pour les gueules de bois avoisinantes. Il me déconseille de lui acheté ses produits et pour cause : il vend du fromage frais á consommer sur place… Dommage !
On continue en évoluant dans la vallée en courbe. A l’issue d’une légère pente, une nouvelle vision de paradis : une immense pozzine avec chevaux sauvages batifolant. Les montagnes fleuries autour, le tout sur un fond de ciel bleu. Ca rappelle les fonds d’écran Windows. Nous marchons dans l’Eden jusqu´au lac de Nino. Une pancarte nous apprend que le lac est d’origine glacière, que sa profondeur maximale est de 11 mètres et qu’il est gelé la moitié de l’année. Aujourd’hui, c’est une magnifique mare bleue qui alimente en eau les pozzines alentour. On prend de l’altitude. En s’éloignant le lac gagne même en beauté.