La pinède avant le bivouac de Castel di Vergio
Crin-blanc au bord du lac de Nino
Montée à la brèche de Capitello
Tout en bas, on distingue un grand lac vert-bleu. C’est le lac de Melo.  Au loin, situées 200-300m plus haut accroché à la paroi, un second lac alimente le premier via un petit torrent : C’est Capitello.  Nous évoluons dans le cirque sur des éboulis, des dalles de pierres et enfin, sur des crêtes qui embrasse la coté ouest. Le cirque se termine par un passage au niveau de la brèche de Capitello. On atteint la brèche après quelques passages périlleux. On apprécie nos plats de pâtes à la forestière avec vue sur les deux lacs. Le choucard nous pique quelques pâtes. De là, on a du mal à imaginer qu’un dénivelé de quelques centaines de mètres séparent les deux lacs.
 
On passe par la brèche et on descend dans les éboulis glissants en plein soleil. Une descente extrêmement pénible d’autant que mes articulations commencent á fatiguer. En plus, j’ai deux faiblesses croisées : la cheville droite enfle et le genou gauche s’enflamme. Pas moyen de se décharger plus sur une jambe que sur l’autre. On arrive après cette descente qui n’en finit pas au refuge qui est situé auprès d’un torrent qui s’écoule en formant des bassines d’eau claire et rafraichissante. Doux appel de l’onde. Après avoir trouvé un terrain le moins en pente possible, mais pourtant bien penché. On va tous faire trempette dans l’eau turquoise. Avec Céline, on essaye de corriger notre bronzage de randonneuse : frontières marquée au niveau des chaussettes et des avants bras. On va faire marcher l’autobronzant en revenant à la civilisation.
Bocca Muzzela, 2210m, sommet du GR20 !
Jour 9 (lundi 27.06.2011) : Petra Piana- Manganu
Temps théorique: 5h15 ; Temps effectif : 4h50
 

Petit déjeuner sur la terrasse du refuge. On s’installe á coté de deux corses en goguette. L’un renfrogné, l’autre plus communicatif. Ce dernier a un physique typiquement corse : peau tannée, nez aquilin, cheveux bruns, barbes de trois jours. Il me rappelle  Ocatarinetabellatchitchix dans Asterix en Corse. La conversation s’engage : le bourru se vexe comme un corse quand on lui apprend qu’on fait le GR dans le sens Sud-Nord « C’est comme commencer un repas par le dessert ». L’autre, plus ouvert, écoute nos arguments et se laisse convaincre. Il nous apprend qu’il est actuellement en congé maladie et qu’il en profite pour retourner voir ses montagnes… Les congés maladie en Corse ! Il continue à tchatcher avec Nicolas sur l’équipement, Munich, les chaussures allemandes…il nous explique comment fonctionne les refuges et nous raconte le dressage des mules (certaines peuvent porter jusqu'à 150 kg). Il fini même par proposer du chocolat à Nicolas, d’abord hésitant «  Allez, c’est pas dans les rues de Porte Vecchio que je vais t’offrir du chocolat ». Bref, une rencontre typique et sympathique.
 
Pour commencer l’étape, nous prenons de la hauteur sur le refuge de Pietra Piana en montant dans le lit d’un torrent. Nous passons un premier col avec vue sur le coté ouest de la corse. Nous passons un second col qui donne accès à un premier cirque avec un petit lac glaciaire, le Renoso. Un troisième col nous donne accès à un immense cirque.
Moment zen à Petra Piana
On passe un col après une collation de baie de fruits rouges séchés et de fruits secs. Devant nous s’étale la baie de Sagone.  Au loin on reconnait le Capu d’Ortu, l’objectif d’une randonnée faite en 2007 qui nous avait donné envie de revenir en Corse pour un plus grand défi. Après un chemin de crête, nous entamons une descente via le col de Petru. Nous apercevons des arbres qui poussent constamment poussés par le vent. Toutes les branches croissent d’un coté : on dirait que l’arbre s’est collé une grosse dose de gel ultra fixant. Un arbre gominé. Son frère d’arme, quelques dizaines de mètre à coté, n’a pas résisté á la force et à la constance des vents. Il s’est brisé et ca à l’air récent : sur la photo du guide topographique édition 2010 du GR20, il était encore debout.
 
La fin de l’étape nous mène via un chemin qui suit la ligne de courbe dans une forêt de pins au lieu dit Castel di Verggio. Flash back ! Castel di Verggio est une station de ski située au niveau d’un col desservi par une route. Concrètement ca nous donne des remontée mécaniques à l’abandon, un hôtel, un refuge et un immense terrain plat, caillouteux et sans ombre entouré par un grillage. Notre bivouac. En 2007, en route pour Corte et son musée de la culture et du patrimoine corse, nous étions passes sur cette route et avions abondamment commenté la situation et l’état déplorable du terrain de camping. Comment pouvait-on vouloir planter sa tente sur un terrain si inhospitalier et en plus situé juste á coté de la route. Alors que la Corse propose bien mieux ! On ignorait, évidemment, que l’endroit était une halte du GR 20. On y passera un bon après midi.
 
Les douches chaudes, des toilettes propres, (des miroirs !), des tables an bois avec ses bancs, une bonne installation pour préparer ses repas et surtout, attenante au refuge, une petite épicerie bien ravitaillée feront notre bonheur. Premier arrêt des GRistes affamés par une matinée de marche dans ce pays de Cocagne miniature : un pain, deux yaourts (on avait presque oublié la sensation), une crème dessert au chocolat, deux Cocas, un fromage, un saucisson. C’est l’orgie au déjeuner ! Nicolas ayant, ce matin, souffert du manque de pain dévore la moitié de la miche de pain au levain encore chaude.  Du coup, on décide d’en faire des réserves d’autant qu’il se conserve bien, on achètera deux pains supplémentaires On se laisse aussi tenté par une crème après soleil (oui, ils vendent aussi des cosmétiques) : une surcharge (300gr) et une fortune (12€). Mais après 10 jours de soleil et de lavage avec un mauvais savon, j’ai une vraie peau de lézard. C’est peut-être á force d’en voir tous les deux  mètres sur le GR ...des lézards. On profite de la crème pour payer notre dette envers un groupe de trois randonneurs retraités qui depuis Prati nous refile leur rab de nourriture : une boite de salade niçoise (vous suivez ?), un saucisson, une boite de pâtés de foie (bien affamé, ca se mange), un demi saucisson, du sucre…Du coup dans le refuge, c’est étalage collégiale d’après soleil Garnier.
On finit donc la journée peau réhydratée et repus.   
Aujourd’hui, j’ai remarqué que nos organismes commencent á souffrir. Petit intermezzo sur notre état après 9 jours de GR20.
Nicolas: ampoule sur la cheville au pied droit, douleur au genou droit, gerçure au niveau du de l’appui du sac en bas du dos.
Aurélie: inflammation des deux chevilles, douleur au genou gauche, formation de boutons rouges sur les fesses dus aux frottements des sacs, coup de soleil dans le cou avec cloques déjà éclatées et pelées, une plaie sur la jambe gauche après avoir voulu se battre avec un rocher à coup de tibia.
Globalement, on se porte bien. Dans les refuges, on voit des gens avec des larges écorchures sur les genoux et les jambes, des brûlures dues au soleil, des bandages autour des chevilles et des pieds mercurochromés et tapissés de pansement anti ampoule. Après un plat de soupe, une purée et le reste du fromage. On va se coucher dans notre toboggan. Visionnage de deux épisodes de the Big Bang Theory et au lit.
 

Jour 10 (mardi 28.06.2011): Manganu- Castel di Verggio
Temps théorique: 6h00; Temps effectif : 5h00
 

Hier au ravitaillement, la nouvelle est tombée comme un couperet : pas de pain ! On petit déjeune donc de Canistrelli (à 5€ le paquet de 300gr) sur lesquels on étale bon-an, mal-an du Nutella. Le réveil est  difficile : on a passer la nuit à faire les saumons en essayant de remonter sur nos tapis de sol.
Le départ de Manganu est prometteur. Après une légère descente, nous voilà en vue d’une étendue de pozzine, le nom corse pour tourbière, avec vaches, veaux, mules et cheveux broutant paisiblement en liberté. Le tout dans une lumière d’aube de l’humanité. Une bergerie qui surplombe cette première pozzine a trouvé la formule :  « le temps s’est arrêté ». On y fait, d’ailleurs, un bref arrêt dans l’espoir d’acheter un bon fromage. Je rentre dans l’entre du berger qui diffuse de la musique pour réveiller les randonneurs qui ont bivouaqué chez lui. Apparemment, ces derniers ont abusé du vin de myrtes, (aussi en vente). « Du rhum, des femmes et du vin nom de dieu … ». Le gardien-berger en remet une couche pour les gueules de bois avoisinantes. Il me déconseille de lui acheté ses produits et pour cause : il vend du fromage frais á consommer sur place… Dommage !
 
On continue en évoluant dans la vallée en courbe. A l’issue d’une légère pente, une nouvelle vision de paradis : une immense pozzine avec chevaux sauvages batifolant. Les montagnes fleuries autour, le tout sur un fond de ciel bleu. Ca rappelle les fonds d’écran Windows. Nous marchons dans l’Eden jusqu´au lac de Nino. Une pancarte nous apprend que le lac est d’origine glacière, que sa profondeur maximale est de 11 mètres et qu’il est gelé la moitié de l’année. Aujourd’hui, c’est une magnifique mare bleue qui alimente en eau les pozzines alentour. On prend de l’altitude. En s’éloignant le lac gagne même en beauté.
GR 20 - Juin 2011
Nous continuons notre chemin paru une longue ascension le long d’un torrent. Enfin une montée très abrupte en plein soleil et dans les cailloux nous permet de rejoindre le refuge de Pietra Piana. Pietra Piana est le premier refuge qui a été construit sur le GR20. Il se trouve sur un promontoire. Son apparition nous surprend.
 
Le refuge dispose d’une terrasse face aux magnifiques montagnes corses. Prendre un café avec vue panoramique est une excellente occasion de discuter avec nos compagnons de route. Un bon thé bien sucré avec 180 degré de bleu et de montagne. De quoi d’autre aurait on besoin ? Pietra Petra Piana est situé à coté d’une rivière qui forme des bassins. Alors, même à 1800m d’altitude, cette après midi c’est plage !
 
J’ai repéré un paquet de pâtes, sans doute laissé par des randonneurs qui ne voulaient pas se charger outre mesure.  Nicolas va chercher une petite boite de sauce bolognaise et nous voilà devant un festin.
 
Cette nuit là, je me réveille avec une énorme envie d’aller au petit coin. Une expression mignonne pour désigner dans le cas présent une cabine puante, glissante et de toutes les façons très éloignée. En sortant pour arroser les coccinelles non loin de la tente, je découvre une magnifique voute céleste avec une voie lactée très marquée. Pas besoin de lampe frontale. On y voit comme, de nuit, dans un western : une vraie nuit américaine. Je réveille, un peu brusquement, Nicolas pour partager un moment magique. La nuit de Corse est l’un des moins pollué de toute la France. La lunette astronomique aurait été un peu encombrante mais elle nous a bien manqué cette nuit là.
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